mardi 16 octobre 2012

Ambiance Boudoir: un bijou pour l'hiver, une bonne adresse en ligne

J'ai eu l'occasion de rencontrer il y a quelques mois une jeune femme bruxelloise étonnante, tout autant que le nom de la marque de bijoux qu'elle a créée: Chouhuihui.

On a parlé d'Alexia Stoop dans les pages jeunes entrepreneurs du Métro et de la DH, de ses bijoux du Gaël au Elle Belgique, et, chaque fois, ressort ce même sentiment de passion et de bonne humeur, d'élégance et de délicatesse, presque d'un autre temps, et à la fois terriblement contemporain.

Elle appelle ses bijoux de la Haute Fantaisie, "Haute", parce qu'elle veut que ses pièces soient uniques ou en série très limitée, avec des finitions parfaites, "Fantaisie" parce qu'elle utilise des pierres semi-précieuses et quelquefois des matière de récup' qu'elle met en lumière au gré de son inspiration.

Et le plus intéressant dans tout cela, c'est que son éthique à elle, c'est le bijou accessible à tous. Ses prix ne sont donc pas excessifs, et elle en garde le contrôle en ne vendant presque qu'exclusivement sur Internet.

Sa collection d'hiver 2012-2013 fait tout à fait boudoir, et avec le froid qui nous tombe déjà dessus, ça donne terriblement envie de se fondre dans cette volupté du confort et du textile, du style et du raffinement.

Jetez un oeil sur son site et dites-moi ce que vous en pensez! http://www.chouhuihui.com/

vendredi 12 octobre 2012

Sexualité: un tabou dans les médias?

Je m'occupe actuellement du nouveau livre de Georges Lebouc: le dictionnaire érotique de l'argot paru chez Avant-Propos. L'auteur est fort réputé pour les nombreux opus à son actif, du dictionnaire des noms propres devenus communs en passant par ses multiples livres sur Bruxelles et le bruxellois. Quelqu'un de respectable en somme, et de respecté, pour son érudition autant que pour la rigueur dont il fait preuve dans l'écriture et le choix de ses titres.

Une attachée de presse aime travailler pour ce genre de livre parce que, normalement, c'est plus facile que d'autres, l'auteur étant déjà connu des médias, et le sujet se montrant à la fois amusant, intéressant et original. En plus, il est d'usage de penser qu'un peu de sexe fait vendre, comme on le voit pour le livre à paraître tout bientôt chez Lattès et qui fait le buzz: Cinquante nuances de Grey.

Or, quelle ne fut pas notre surprise, à ma collègue et moi, lorsque nous avons essuyé des refus gênés de la part d'une proportion exceptionnelle de journalistes! Voici un exemple d'email reçu de la part d'un journaliste d'un grand quotidien:

Hello (...)

j’ai bien été censuré. Mon article est écrit, mais (...). Ma direction trouve que l’on risque de choquer nos lecteurs. Tout le monde n’est pas aussi ouvert que nous. Je cherche un support sur lequel publier mon article

***

Ce qui est étonnant, c'est que j'ai eu les mêmes problèmes pour la promotion du livre de Catherine Solano et Pascal de Sutter sur l'érection (dont j'ai parlé dans un précédent poste - http://attacheedepresse.blogspot.be/2012/10/le-livre-le-plus-vole-du-monde.html)

Un livre sérieux, qui me semble tout à fait avoir sa place dans les pages santé d'un magazine, d'autant plus qu'il s'agit d'un sujet qui concerne beaucoup de personnes mais que trop peu osent en parler et consulter.

Pourtant ce livre a fait l'objet du même type de censure (on l'a peut-être volé mais ce n'est pas pour autant qu'on en a fait un article!). En témoigne cet email, reçu d'une journaliste d'un hebdomadaire connu:

Bonsoir (...)
 Je suis un peu désolée, je pensais que cela pourrait passer auprès du *** mais…c’est un peu trop hard ! (...)
J’espère que vous comprendrez et que cela ne vous posera pas trop de problèmes pour annuler ce rendez vous (...) Je ne pensais pas que ce serait un problème,(...) mais là, (...)….c’est encore trop tabou, malheureusement ;-))) Vraiment désolée,
 Cordialement,
 ***

Un débat qui prête à réfléchir sur la liberté réelle de la presse mais aussi, puisque, soyons sérieux, celle-ci est surtout dépendante de ses lecteurs (plus de lecteurs, plus de pub), sur la nouvelle perception de la sexualité dans un monde qui abonde en permanence d'images l'évoquant.

Serions-nous devenus prudes et aurions-nous reconstruit des murs autour de ces sujets?

Personnellement je ne suis pas pour l'hypersexualité qui désacralise l'acte et la magie d'un corps qui n'est jamais aussi beau que lorsqu'il est l'objet du désir (loin de certaines chaires tristes qu'on nous impose parfois...), mais je prône l'importance de la liberté d'expression et de penser.

Or, lorsqu'on rend le sexe tabou, c'est aussi son propre esprit que l'on bride, ce qui n'a rien de sain, et peut avoir des conséquences dramatiques lorsqu'on pense par exemple à l'aide que le livre de Solano et De Sutter pourrait avoir sur des hommes qui ont un problème parfois relatif à un ennui de santé plus grave et pourtant n'osent pas consulter.

Ca me rappelle un cours magistral que j'ai suivi en dernière année d'anthropologie à l'université: Culture matérielle et pratiques techniques d'Olivier Gosselain. La "pratique technique" qu'il a choisi de traiter pendant de nombreuses heures n'était autre que la masturbation! Et plus précisément, la façon dont on a rendu cette pratique, initialement naturelle, taboue au fil des siècles, pour des raisons économiques (vendre des produits pour empêcher la pratique masturbatoire), puis récupérée à des fins politiques (l'Eglise face au protestantisme voulait remettre de l'ordre).

Jusqu'à ce que les Hommes intègrent ces préjugés au point que l'ont a retrouvé dans des dictionnaires extrêmement sérieux et à prétention scientifique du XIXe siècle, noir sur blanc, que la masturbation est une pratique extrêmement dangereuse et qu'elle pourrait entraîner tout un tas de maladies abominables et même conduire jusqu'à la mort (si, si!).

Un petit rappel donc de l'origine hautement culturelle de certains tabous, de la construction insidieuse dont ils ont fait l'objet de génération en génération pour se graver dans l'inconscient collectif jusqu'à être naturalisé ici.

Il est évident que le processus de civilisation cher à Norbert Elias est important pour le vivre ensemble, mais il ne doit pas être intégré sans réflexion, de façon bornée, car il en deviendrait dogmatique, ce qui serait contraire à la liberté de penser...mais aussi participerait à cette grande contradiction de notre société occidentale contemporaine: le corps est partout et pourtant on privilégie à ce point la raison qu'on a de moins en moins conscience de lui!

Un sujet à débat je vous disais...

Source de la photo: http://www.oobject.com/10-anti-masturbation-devices/anti-masturbation-clamp-belt/6048/


dimanche 7 octobre 2012

Ces putes qui amusent tant...

L'autre jour un ami m'a dit en rigolant que ça lui arrivait de passer dans le quartier chaud de Bruxelles pour son boulot et qu'il y croisait souvent des Français venus faire leurs emplettes chez nous. Ca le faisait rigoler. Et c'est vrai que ça a un côté marrant.

Il y a quelques semaines, dans Moustique, ils ont parlé sur un ton désinvolte du projet d'interdire la prostitution en vitrine parce que ça dérangeait le voisinage. Tout cela semble terriblement bon enfant. Pourquoi pas l'endroit d'une prochaine ballade dominicale en famille pour changer?

Heureusement que certains films grand public prennent le contrepied en nous rappelant le gouffre qui se cache derrière ces rues animées. Autant j'ai reproché à Slumdog Millionnaire de Danny Boyle d'édulcorer la réalité des bidonvilles, en en faisant, et ça s'est avéré vrai par la suite, une attraction pour touristes, autant le film Taken de Pierre Morel, ouvre une porte sur l'horreur que représente la traite des êtres humains.

Taken 2 vient de sortir en salle le 3 octobre dernier, pas mal d'ailleurs, très américain, de la bonne action, des bons effets spéciaux et un happy family end, mais c'est surtout le 1er qui m'intéresse. Même si évidemment, pour les besoins du film, on a probablement diminué l'ampleur d'un réseau aux ramifications qui doivent donner le tournis, ce film a le bon ton de générer de l'empathie pour ses personnages et donc, peut-être, de parvenir à offrir un visage à toutes ces femmes qu'on viole au quotidien. Autant de clients en moins?

Car enfin, aujourd'hui on joue à fond le repentir face à l'esclavagisme, alors qu'il se produit encore, sous nos yeux, dans nos villes. 

Le cycle 1 d'une excellente BD que je recommande fortement parle également de ce sujet. Le côté "réseau" et "ennemi sans visage" est évidemment un excellent générateur de suspense, le dessin est en cohérence avec l'histoire et je me suis attachée aux personnages comme s'ils avaient été réels.

Makabi, le double de Lloyd Singer, est un super héros des temps modernes avec un petit côté "antihéros" auquel il semble qu'on ne puisse pas couper dans les histoires contemporaines.

Mais une morale beaucoup plus nuancée que dans les films américains, qui laisse ce petit goût amer et vous habite longtemps. Précieusement dérangeant. Une piqûre de rappel des failles de notre société ultra sécuritaire.

Le tout dernier cycle des aventures de Lloyd Singer sortira prochainement aux éditions Bamboo. Cette maison, pour sa collection Grand Angle, parle souvent de sujets peu connus avec beaucoup de doigté, je vous en dirai plus prochainement. D'ici là, je me relirais bien l'intégrale de ses aventures, juste pour le plaisir de ressentir ce sentiment, même basé sur du factice, de plénitude face à la justice (toute subjective soit-elle).

Site des éditions Grand Angle: http://www.angle.fr/
Plus d'infos sur les éditions Bamboo: http://www.bamboo.fr/
Source de l'affiche du film: www.allocine.fr

samedi 6 octobre 2012

Weekend pourri? Parlez pour vous!

Je reçois depuis 48h des emails qui se terminent par "bon week-end pourri" ou, plus politiquement correct, "bonne fin de semaine automnale". Ca m'étonne, je n'y avais pas encore pensé, mais là évidemment ça m'a un peu plombée.

Mais n'est-ce pas finalement une question d'état d'esprit? On peut par exemple se dire:

- qu'on pourra en profiter pour rester plus longtemps dans le lit, le canapé, à s'abrutir devant la télé puisqu'on ne perd pas de "précieuses minutes de soleil"

- qu'on n'est pas obligé d'aller courir parce qu'avec ce temps-là on risque d'attraper quelque chose

- qu'on évitera de faire les courses aujourd'hui pour se soustraire aux traditionnelles files qui là, en plus, sentent le chien mouillé. Après tout, s'il n'y a plus rien dans le frigo, c'est tout ça qu'on mangera en moins

Ou carrément prendre le contrepied en étant dans le déni absolu de ce manque cruel d'été indien que nous vivons en 2012, par exemple en organisant un barbecue chez soi! Evidemment la seule différence sera que personne ne va se bousculer pour s'occuper de la viande (et que les hommes perdront l'occasion de faire une démonstration de leur virilité mince!). Mais après tout pourquoi pas, si quelqu'un le fait pour nous, en mieux, le sourire en plus ?

C'est en tout cas ce que s'est dit Rohan Hennebert, un belge complètement fan des Etats-Unis, qui a décidé d'importer de vrai barbecues Made in USA, de cuisiner à la sauce de là-bas, au son de là-bas et en toute saison (vous allez me dire dans le Sud des Etats-Unis niveau hiver ils n'ont pas à se plaindre).

Toujours est-il que j'apprécie beaucoup le concept de "l'exotisme qui vient à soi sans se déplacer".

Je suis constamment à la recherche de concepts qui peuvent créer de l'évasion sans sortir de sa ville (n'est-ce pas déplorable de ne être capable de déconnecter sans mettre des kilomètres entre son lieu de travail et soi?). Alors plutôt que d'enrichir Ryanair, j'ai quelques trucs.

Et avec Smoke House, le concept de BBQ à domicile créé par Rohan Hennebert, son groupe de blues et ses plats de fous au goût typique de là-bas, c'est quand il pleut que j'en ai le plus envie!

Je vous invite à saliver devant sa carte et à le contacter, il donne plein de conseils et mets ses recettes à disposition: http://smokehouse.be/


jeudi 4 octobre 2012

Le livre le plus volé du monde

Enfin...de mon monde. Demain je reçois le médecin-sexologue Catherine Solano qui vient de Paris pour une journée presse. Elle travaille avec Pascal De Sutter, psychologue-sexologue sur "la mécanique sexuelle des hommes".

C'est pour venir présenter le deuxième tome qui porte sur l'érection qu'elle fait le déplacement. Et au regard de l'intérêt, même (surtout) inavoué, que ce livre a suscité, j'en déduis que le sujet mérite vraiment d'être abordé: j'ai  dû le renvoyer une deuxième fois dans presque toutes les rédactions!

Vous savez comment c'est: les journalistes reçoivent des dizaines de livres chaque semaine, qui les engloutissent en formant des murs autour de leur bureaux. Il n'est donc pas difficile de subtiliser en douce l'un d'entre eux à son/sa collègue pour voir ce qu'on dit d'un problème qui semble toucher beaucoup d'hommes, et qui pourtant reste ridiculement tabou.

Car finalement on peut utilement se demander ce qu'ont gagné les hommes dans notre combat pour l'égalité? Leur nouvelle place fait somme toute l'objet de peu d'intérêt alors qu'elle me semble être un élément essentiel pour trouver un nouvel équilibre entre les genres.

Les femmes deviennent carnassières, elles assument leur sexualité, sont indépendantes, et veulent un homme en parfait état de marche, surtout si ce n'est pas pour durer. Tant mieux d'une certaine manière. Heureusement, toutes les femmes ne sont bien évidemment pas aussi extrêmes, mais laquelle n'a-t-elle jamais ressenti ne fut-ce qu'un pointe de culpabilité et de perte d'estime de soi en s'apercevant que son charme ne semblait pas opérer puisque "ça ne se passe pas", ou pas comme prévu. La mécanique s'enraye et chacun s'enferme dans sa bulle silencieuse, désappointée et gênante.

En tout cas les hommes semblent souvent y comprendre qu'ils doivent "être à la hauteur", c'est-à-dire celle des films d'action et des romans de gare, qui laissent entendre que la chose pourrait se produire "toute la nuit". La belle affaire. Les femmes ne voudraient pas de ces amants-là, ou alors juste pour le raconter à leurs copines en s'appropriant les honneurs d'avoir été celle qui a pu le faire durer si longtemps! Et le garder dans une petite boîte à rouvrir le soir de Noël ou au mariage des autres, pour se rappeler  "qu'on a fait, un jour, des choses folles, whou"!

En tout cas c'est sous cet angle que "la mécanique sexuelle des hommes" aborde l'érection dans sa première partie: clair, déculpabilisant, il désacralise l'érection pour la remettre à sa juste place comme étant quelque chose de mécanique, justement, mais aussi de magique. L'une des choses les plus jolies que ma mère m'ait dite lors de la traditionnelle litanie à laquelle j'ai droit à chacun de mes anniversaires lorsqu'elle évoque systématiquement son accouchement, avec les mêmes mots, chaque année, invariablement, c'est que donner la vie reste un miracle, une chose incroyable et merveilleuse (avec toutes les contradictions que suppose ce synonyme de "surnaturel"). Qu'on a souvent tendance à oublier puisque des milliards de gens le font.

La deuxième partie du livre aborde les thérapies qui existent actuellement en fonction des "pathologies", puisqu'un problème n'est pas l'autre, une chose qu'il est également utile de rappeler.

Un livre à mettre entre les mains des hommes et à laisser traîner du côté du lit des femmes, histoire de lancer le débat, qui reste ouvert sur cette page également, cela va sans dire. A bientôt!

Lien vers le site de Catherine Solano: http://www.pannes-sexuelles.com/

mardi 2 octobre 2012

Comme à la boulangerie...l'odeur en plus!

Bonjour,

Pour une fois je ne vous parle pas culture mais nourriture! J'ai testé le tout nouveau coffret Marabout "Friands et feuilletés". Il contient un livre de recettes et une roulette qui permet de faire des croisillons en un seul geste dans la pâte feuilletée. Le genre d'objet que j'adore, qui permet de faire un maximum d'effet en un tournemain!

J'ai testé une recette sucrée et une autre salée. La première, c'était tout simplement des carrés confiture. Vous seriez étonnés de voir à quel point les gens adorent finalement ces bons vieux desserts de leur enfance! Mes invités n'étaient pas en reste! Bon évidemment, je n'y ai pas mis n'importe quelle confiture: j'ai opté pour un pot acheté récemment à Porto, mélange de potiron, de cannelle et de vanille, un goût terriblement subtil et parfumé!
La confiture à un peu coulé sur la pâte feuilletée, la rendant caramélisée et fondante...un régal!

Pour la recette salée, j'ai choisi d'essayer le camembert feuilleté. A nouveau une recette simplissime: il suffit de découper le camembert en deux, d'y ajouter ce qu'on veut (sel, poivre, chili ou des truffes-délicieux!!!), de le réassembler, de le poser sur la pâte feuilletée et de découper à l'aide du rouleau le reste de pâte en croisillons que l'on pose comme un couvercle sur le fromage. Le résultat a jeté des étoiles dans les yeux de mes amis ce soir-là. Je l'ai servi avec une salade verte. Ils ont regretté que je n'ai prévu qu'un seul camembert pour quatre...

Vous avez d'autres combinaisons à suggérer? N'hésitez pas à les partager!
A bientôt! ;)

lundi 1 octobre 2012

Les dialectes ont-ils un intérêt?

Bonjour,

Je m'occupe actuellement d'un livre qui vient de paraître à l'Ecole des Loisirs chez Pastel: "Vleck", de Pascal Lemaître.

Ce n'est pas un livre comme les autres. Au-delà du fait qu'il aborde un thème effrayant de façon curieuse et humoristique (l'enfer), cet ouvrage comporte une originalité intéressante à plus d'un titre: il existe en deux versions linguistiques, en français et...en bruxellois!

Une piqûre de rappel de notre réalité beaucoup plus nuancée que la caricature français-flamand habituelle. Mais aussi de la dramatique méconnaissance des Belges de leur culture profonde. Car notre jeune pays ne s'est pas construit sur un territoire vide sans habitants, rappelons-le!

De fait, autant le livre en français est compréhensible pour un belge francophone (même si l'usage de mots bruxellois courants a incité l'auteur a se fendre d'un lexique à la fin de l'histoire). Autant l'album en bruxellois est tout à fait incompréhensible pour la plupart d'entre nous, moi y compris. Sa lecture m'a donc renvoyé à mes propres (et honteuses) limites: étant anthropologue, je connais mieux certains pays que ma propre ville. Les choses ont toujours plus de saveur quand elles proviennent d'un "ailleurs" bien relatif dirait-on.

Mais surtout, je me demande, au-delà de l'intérêt bien compris du livre, quelles seront les réactions des consommateurs? Ne nous voilons pas la face, les dialectes ont cette<qa connotation vulgaire et inutile en contradiction totale avec le monde rapide, efficace et uniformisé dans lequel nous vivons. Vous l'aurez compris, je considère pour ma part qu'il s'agit d'une richesse à préserver. Comme je l'ai évoqué dans un précédent billet, chaque langue, ou dialecte (ça dépend du point de vue politique mais ça reste un système d'expression verbal finalement) porte en elle une structure propre qui permet de voir le monde sous un angle nouveau. Et donc d'enrichir la pensée.

Ce sujet en tout cas mérite qu'on s'y attarde, surtout lorsqu'on sait que certains systèmes scolaires étrangers sont pensés pour acculturer des ethnies locales afin que les jeunes générations perdent leur dialecte d'origine et qu'il disparaisse avec elles. Ou, plus proche de nous, lorsqu'on entend certains belges claironner que l'unification linguistique forcée à la française fut une chose excellente (et donc reproductible à notre époque) et que le fait  d'avoir voulu préserver une langue socialement peu valorisée était une absurdité.

C'est le thème qui sera traité par Françoise Ost, philosophe belge, vice-recteur des facultés Saint-Louis à Bruxelles, lors de son cycle de conférences aux www.mardisdelaphilo.be, qui débutera demain matin au théâtre du Vaudeville. L'une des questions qu'il compte aborder et qui me semble la plus intéressante est:

Et si l’impossibilité de dire le tout, véritablement et définitivement, était la marque même de la parole et le moteur du discours ?

A méditer donc... Et à débattre avec lui, j'attends vos impressions!

Plus d'infos: http://www.lesmardisdelaphilo.be/index.php?page=105&ido=3
Interview radio de Pascal Lemaître: http://www.demandezleprogramme.be/Vleck-de-Pascal-Lemaitre-le-diable?rtr=y